Quand les objets connectés rassemblent les Français autant qu’ils les divisent

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Etude sur les français et le objets connectés

Sondage OpinionWay pour idealo : les Français et les objets connectés
À l’occasion du salon IoT World de Paris les 22 et 23 mars prochains, idealo, le comparateur de prix du groupe Axel Springer, a souhaité mettre en exergue le rapport que les Français entretiennent avec les objets connectés. Pour mémoire, en 2016, une étude OpinionWay indiquait que 35% des Français considéraient qu’il s’agissait d’une révolution comparable à celle d’internet.

Bien au-delà d’un simple phénomène de mode, les objets connectés s’enracinent dans notre quotidien. Combien de Français possèdent des objets connectés ? Quels types d’objets connectés et dans quel domaine ? Quelle est la fréquence d’utilisation des Français ? Ont-ils confiance pour l’utilisation et la protection de leurs données personnelles ? Quels sont les axes d’amélioration ? Il en résulte un bilan en demi-teinte : les objets connectés rassemblent les Français autant qu’ils les divisent.

QUEL BILAN GLOBAL AUJOURD’HUI POUR LES OBJETS CONNECTÉS ?

D’après les résultats de cette étude OpinionWay, les Français restent encore divisés sur la question des objets connectés. En effet, quand 33% des Français disent posséder un ou plusieurs objet(s) connecté(s), 52% de la population n’en possèdent pas et ne comptent pas en acheter. Ce dernier chiffre ne témoigne pas obligatoirement d’un refus catégorique d’acquérir un objet connecté, mais peut aussi s’expliquer par le désintérêt ou l’absence de besoin. Si l’on considère également les 15% de Français ne possédant pas d’objets connectés mais souhaitant en acquérir un prochainement, la population française est assez clairement divisée sur la question (48%-52%).

De manière plus détaillée, on compte davantage de technophiles chez les hommes (38%) que chez les femmes (29%). En outre, même si les personnes âgées de moins 50 ans sont plus nombreux à posséder des objets connectés (36% contre 29), les personnes âgées de 50 à 64 sont ceux qui disposent de la plus forte marge de progression : 20% d’entre eux compte s’équiper en objet connecté prochainement. Mais quels sont les domaines d’application, le type d’objet connecté et la fréquence d’utilisation des consommateurs français ?

• Les loisirs, domaine d’application favori des possesseurs d’objets connectés

Les objets connectés sont majoritairement utilisés dans un cadre ludique. En effet, les domaines des loisirs et du sport se révèlent être les plus prisés par les amateurs d’objets connectés en France, avec plus de 74% des possesseurs d’objets connectés. En parallèle, 2 personnes équipées sur 10 (21%) possèdent un objet dans le domaine de la santé. Avec la mise à disposition d’objets connectés de santé dans les pharmacies par exemple, les fabricants disposent d’une réelle marge de progression, notamment auprès des personnes âgées de 50 ans et plus, dont seulement 13% sont équipés en objets connectés liés à la santé. La bureautique (28%) et la domotique (17%) complètent ces équipements. Enfin, seuls 7% des possesseurs d’objets connectés les utilisent dans un cadre professionnel.

L’âge, le sexe et la catégorie socio- professionnelle des utilisateurs marquent certains clivages. Par exemple, les hommes (28%), tout comme les moins de 35 ans (30% contre 24% de leurs aînés), utiliseront plus un objet connecté pour faire du sport (contre 23% des femmes), alors que les femmes en auront beaucoup plus une utilité dans le domaine de la santé (27% contre seulement 16% des hommes).

• Les objets connectés mobiliers devancent les « wearables » et les
« hearables »

En ce qui concerne la typologie des objets connectés, les objets mobiliers, comme les télévision, balance, thermostat et lumière sont très majoritairement prisés par les Français (61%). Ils devancent très nettement les objets connectés « wearables » (montre, vêtement, tracker de santé, porte-clefs) avec 36% des possesseurs, ou encore les « hearables » (casque ou écouteurs) avec 20%. Les voitures connectées (11%) restent les moins populaires.

En termes plus détaillés, les objets mobiliers (64%) ou les « wearables » (38%) seront plus répandus chez les hommes que chez les femmes (respectivement 58% et 32%), tandis que ces dernières seront plus adeptes de « hearables » (26% contre 15% pour les hommes). De même, les personnes de plus de 50 ans (71% contre 54% de personnes plus jeunes) et les personnes issues des catégories socioprofessionnelles aisées (64% contre 58% des personnes issues des catégories populaires) possèdent plus largement des objets connectés mobiliers.

Les personnes âgées de moins de 35 ans sont en revanche beaucoup adeptes de « wearables » (40% contre 34% de leurs aînés), de « hearables » (28% contre 17%) et de voitures connectées (15% contre 10%).

Il existe plusieurs raisons pour expliquer ces disparités de résultats. Tout d’abord, les « hearables » sont une technologie relativement récente comparée aux « wearables » ou aux objets mobiliers. De fait, leur popularité, bien que grandissante, reste encore assez faible et le premier objectif actuel des fabricants est de gommer l’image « accessoire » dont ils sont affublés. Concernant les voitures connectées, un constat similaire peut être appliqué. Bien que de plus en plus de constructeurs comme Opel, Chevrolet ou Ford équipent ou vont équiper leurs voitures de nombreux outils connectés (Wifi, 4G etc.), cette technologie en est encore à ses débuts dans le domaine de l’automobile. Le taux de pénétration est donc logiquement plus faible puisque l’achat d’une voiture est un investissement important et nécessite un budget beaucoup plus conséquent que n’importe quel autre objet connecté. Il va donc falloir attendre quelques années pour voir une généralisation de ces voitures connectées, et c’est notamment ce que montrent les pourcentages des personnes âgées de moins de 35 ans abordés ci-dessus.

• Une utilisation hebdomadaire pour la majorité des possesseurs

C’est probablement un enseignement à la fois attendu et majeur de cette étude : les objets connectés trouvent leur place au quotidien dans la vie de leurs possesseurs, puisque la grande majorité de ces derniers les utilisent au moins une fois par semaine. Plus encore, 2/3 des possesseurs d’objets mobiliers les utilisent au quotidien ou plusieurs fois par semaine. Il en va de même pour 68% des possesseurs de « wearables ». De fait, les objets connectés mobiliers et les « wearables » sont les objets avec la plus haute fréquence d’utilisation. De leur côté, voiture connectée (72%) et « hearables » (63%) sont majoritairement utilisés de façon hebdomadaire, et avec une fréquence journalière beaucoup plus faible (respectivement 28% et 9%).

LES FRANÇAIS ET LES OBJETS CONNECTÉS : JE T’AIME, MOI NON PLUS

Depuis la dernière étude OpinionWay en 2016, une observation notable peut être faite : le pourcentage de possesseurs d’objets connectés a stagné en un an. En effet, alors que 35% des Français possédaient au moins un objet connecté en 2016, ils sont aujourd’hui 33% dans cette nouvelle étude. Au-delà de l’absence de progression de ce chiffre, les consommateurs français pointent aussi du doigt certains freins, et notamment leur inquiétude au sujet de l’utilisation et de la protection de leurs données personnelles mais aussi le prix d’un objet connecté, souvent jugé trop élevé.

• 6 Français sur 10 n’ont pas confiance pour la sécurité de leurs données

Lorsque la question leur est posée, 60% des Français ne font pas confiance aux fabricants d’objets connectés concernant la protection et l’utilisation de leurs données personnelles. Et lorsque l’on s’intéresse au détail de ce fort pourcentage, les hommes et les femmes partagent la même crainte. En revanche, les personnes âgées de plus de 50 ans (65%) et les catégories socioprofessionnelles aisées (62%) éprouvent beaucoup plus de méfiance que les personnes plus jeunes (56%) et les catégories populaires (52%).

En outre, une vraie opposition existe entre les possesseurs d’objets connectés et les non- possesseurs : en effet, les premiers font largement confiance aux fabricants pour la protection de leurs données (61%), alors que, à l’inverse, les seconds éprouvent très majoritairement de la méfiance (70%).

Pour les fabricants d’objets connectés, il existe donc un réel enjeu à convaincre les non-possesseurs sur le fait que leurs données soient bien protégées et non utilisées. Mais d’autres points d’amélioration méritent l’attention des fabricants d’après les Français, au premier desquels se trouve le prix.

• Prix plus accessibles, meilleure protection des données… : les différents leviers d’amélioration

Si les objets connectés ont réussi à conquérir un tiers des Français, des leviers d’amélioration restent encore à actionner pour toucher plus de personnes. Le premier d’entre eux n’est pas une surprise : le prix des objets connectés. 52% des personnes désirent que le prix des objets connectés soit plus attractif. S’ensuit une meilleure protection des données, avec 36% des personnes interrogées. Les critiques se concentrent ensuite sur les caractéristiques techniques et l’interface des objets connectés: 29% souhaitent une meilleure batterie, 26% une utilisation plus facile et 18% aimeraient avoir une meilleure information sur l’utilisation de l’objet.

Il n’existe pas de réelles différences entre homme et femme. Cependant, 30% des femmes aimeraient une utilisation plus facile (contre 21% des hommes)

 

• Combien les Français seraient-ils prêts à dépenser pour un objet connecté ?

La marge de manœuvre demeure encore assez importante pour conquérir un public plus large. En effet, certains objets ne parviennent toujours pas à susciter l’intérêt des personnes interrogées. C’est notamment le cas des vêtements (61% des personnes interrogées ne souhaitent pas acquérir l’objet), d’un porte-clefs (57%), d’une balance (54%), d’un tracker de santé (53%) ou encore d’écouteurs (50%).

A l’inverse, la télévision (50%) ou la montre connectée (46%) rencontrent un certain intérêt auprès du public, qui serait prêt à débourser une somme moyenne de respectivement 509€ et 93€. Il s’agit de biens assez coûteux qui ne font aujourd’hui pas partie des priorités des Français. Seules les personnes possédant déjà un objet connecté se montrent plus sensibles à d’autres catégories d’objets et sont prêts à dépenser plus que les autres, que ce soit pour une télévision (+96€), une montre (+45€) ou même une balance (+11€).

Si l’on se concentre sur le détail de ces derniers résultats, les hommes seront capables de dépenser plus que les femmes pour une télévision (+79€), une montre (+11€) ou un vêtement (+10€). A contrario, les femmes accepteraient de payer plus pour un tracker de santé (+12€) ou une balance (+6€). Enfin, les personnes âgées de 50 ans et plus accepteraient de dépenser plus que les personnes plus jeunes pour un vêtement (+18€), un tracker de santé (+14€) et des écouteurs ou un casque (+9€).

UN BILAN MITIGÉ, ENTRE SÉDUCTION, DÉSINTÉRÊT ET MÉFIANCE

Les objets connectés parviennent à séduire les Français. Aujourd’hui, un tiers d’entre eux est équipé d’un ou plusieurs de ces objets high-tech. Les personnes interrogées portent leur intérêt sur des objets mobiliers qui leur permettront d’améliorer le confort de leur habitation et qui disposent d’une réelle plus-value. Les « hearables » et « wearables », bien que très médiatisés, n’arrivent que dans un second temps. Ces objets connectés ont également réussi à s’imposer dans le quotidien de leurs possesseurs qui les utilisent, dans leur grande majorité, au moins une fois par semaine si ce n’est tous les jours.

Cependant, les objets connectés qui relèvent plus de l’accessoire aux yeux des Français ont encore du mal à convaincre. De plus, ces objets souffrent de critiques : quand il ne s’agit pas de personnes les possédant qui pointent certaines lacunes en termes de caractéristiques techniques, les personnes qui n’en disposent pas s’inquiètent fortement pour l’utilisation et la protection de leurs données personnelles et dénoncent des prix trop élevés. A la vue de ces résultats, la construction d’une forte relation de confiance avec les consommateurs demeure un objectif prioritaire pour les fabricants s’ils souhaitent toucher un public plus large.

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