Des créateurs passionnés… mais précaires
Pour la deuxième année consécutive, Kolsquare, acteur du marketing d’influence et entreprise à mission certifiée B Corp, publie une étude inédite sur la réalité vécue par les créateurs de contenu professionnels en Europe.
Basée sur les témoignages de 783 créateurs dans six pays (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, pays nordiques), intitulée “Voices of the Creator Economy 2025”, elle livre une analyse sans filtre de leur activité, leurs revenus, leurs valeurs, leurs dicultés et leurs espoirs.
Entre désir et instabilité
L’étude confirme un paradoxe déjà observé en 2024 : si les créateurs sont devenus des partenaires incontournables des marques, leur statut professionnel reste instable. Près de la moitié déclarent gagner moins de 1 000 € par mois grâce à leur contenu, et 50 % des créateurs français arment que l’influence ne représente pas plus de 25 % de leurs revenus. 69 % des créateurs français ont déjà réalisé des collaborations sans être rémunérés, un chiffre bien supérieur à la moyenne européenne (51 %).

À l’échelle européenne, 1 créateur sur 3 déclare avoir déjà subi des commentaires haineux, avec une prévalence nettement plus élevée chez les femmes. Le bodyshaming, les attaques sexistes ou liées à l’apparence sont courants, une réalité encore largement sous-estimée par les marques et plateformes.

Influenceur/ Influenceuse … encore des inégalités
Malgré leur rôle structurant dans les campagnes de communication, les créatrices de contenu continuent d’être désavantagées : 58 % des répondants estiment que les femmes sont moins bien payées que les hommes à visibilité équivalente.
Elles sont aussi plus nombreuses à accepter des partenariats “gifted”, à faire face à des injonctions sur leur image, ou à subir des pressions implicites de la part des marques.
Des pratiques pas loyales de la part des clients
Les créateurs dénoncent également un certain nombre de pratiques encore trop répandues: 👉briefs changeants,
👉délais de paiement non respectés,
👉exigences déraisonnables sur la publication des résultats ou le contenu à livrer,
👉manque de reconnaissance de la valeur créative.

Une bascule vers une influence plus spécialisée, éthique et contextuelle
L’étude met en évidence une évolution profonde des attentes : l’audience ne suffit plus.
Ce sont les créateurs dits “experts” ou “passionnés”, ancrés dans un univers, un métier, un sujet, qui génèrent le plus de confiance.
77 % des créateurs considèrent que la spécialisation renforce la légitimité d’un contenu. Autre enseignement : la forme du contenu joue un rôle clé dans sa réception.
Les formats énumératifs (“mes 3 outils préférés”, “les 5 comptes que je recommande”) sont perçus comme plus sincères, car plus proches d’une vraie recommandation. Enfin, les valeurs prennent une place centrale : 76 % des créateurs français souhaitent refléter la transparence dans leur contenu, et 46 % citent l’environnement et la durabilité comme priorités. 39 % y voient même un levier d’opportunité stratégique.

Un regard spécifique sur la France : les créateurs les plus engagés sur Instagram
Les créateurs français se distinguent par plusieurs traits marquants. 90 % utilisent Instagram comme plateforme principale, un taux largement supérieur à la moyenne européenne, tandis que seuls 42 % sont présents sur TikTok, soit la plus faible représentation du panel. Malgré cette forte exposition, seuls 50 % gagnent plus de 1 000 € par mois et 69 % ont déjà accepté des collaborations non rémunérées. Malgré tout, 76 % veulent refléter la transparence dans leur contenu, et 63 % estiment que leur communauté les suit avant tout parce qu’elle s’inspire de leur contenu et de leur mode de vie.
Une parole collective qui structure l’avenir du secteur
Cette étude s’inscrit dans l’engagement plus large de Kolsquare pour une Influence Responsable, et dans la continuité de ses travaux avec l’UMICC ou l’Alliance européenne de l’influence marketing.
En donnant la parole aux créateurs eux-mêmes, elle éclaire les zones d’ombre d’un marché en croissance, mais encore immature sur bien des plans.







