Quand 3 salariés sur 4 prévoient la modification ou la suppression de leur travail d’ici à 2030…

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…Mais une nette majorité considère cependant le développement du numérique comme une opportunité pour leur carrière et pour les entreprises

Julhiet Sterwen, cabinet de conseil en stratégie, transformation et management,publie les résultats d’une enquête1 exclusive, produite par l’Institut Harris Interactive, sur l’opiniondes salariés français sur le monde du travail de demain. A l’occasion de la Fête du Travail, cette enquête met en particulier l’accent sur l’impact attendu du numérique sur les emplois. Lessalariés s’attendent à ce que cet impact soit fort, plutôt positif pour leur propre parcoursprofessionnel et pour les entreprises de manière globale, et plus nuancé pour l’emploi engénéral.

3/4 des salariés estiment que le travail qu’ils exercent aujourd’hui sera impacté d’ici 2030 parle développement du numérique (intelligence artificielle, robotisation, automatisation des tâches, etc.) -et 8% en pronostiquent même la suppression.

Si une majorité de Français considère le numérique comme une opportunité – pour leur propre parcours professionnel, pour l’entreprise et pour la société française -, ils émettent aussi desréserves sur l’impact du numérique sur l’emploi. Dans ce contexte, 6 salariés sur 10 ont lesentiment d’être bien accompagnés par leur entreprise dans l’adaptation au numérique, mais on observe des différences marquées, entre secteurs et entre catégories de salariés, sur la qualité perçue de cet accompagnement.

Un impact fort et inéluctable

L’immense majorité des salariés s’attend à ce que son métier soit touché par la transformation digitale :

• 1/4 estiment que leur travail existera encore en 2030 telqu’il existe aujourd’hui.
• 2/3 estiment qu’il existeraencore mais aura subi des modifications.

• 8% pensent qu’il aura été supprimé par développement du numérique.

• Seuls 1/3 des salariés pensent que toutes les tâchesqu’ils effectuent aujourd’huiseront encore traitées par un humain en 2030.

Les secteurs où les salariés prévoient la plus forte proportion de disparition d’emplois existant aujourd’hui, sont ceux de l’industrie (12%) et de la banque-assurance (14%), qui devancent nettement le secteur de la distribution (5%). En termes de structures, 39% des salariés des grandesentreprises s’attendent à un bouleversement de leur travail (modification lourde ou suppression)quand les salariés des TPE/PME ne sont que 30% à prévoir un tel impact.

Une vision nuancée du changement

Questionnés sur les conséquences du numérique, les salariés sont une majorité à émettre un avis positif sur son impact, tant sur un plan personnel que collectif.

Ils perçoivent ainsi le développement du numérique comme une opportunité pourune majorité d’acteurs – pour leur entreprise (70%) et l’entreprise en général (66%°), pour leur parcours professionnel (58%) et la société française (57%).

Cependant, la vision d’une opportunité pour l’entreprise – la sienne et les entreprises en général – s’observe dans tous les secteurs, toutes taillesd’entreprises et tous nouveauxhiérarchiques confondus. En synthèse, les salariés sont 2 fois plus nombreux (36%) à considérer le numérique comme une opportunité à tous les niveaux que ceux qui y voient une menace systématique (18%).

Le doute subsiste sur l’impact pour « les salariés de façon générale » – avec 52% des répondants qui voient alors une menace dans le développement du numérique. Ce jugement est lié auxconséquences négatives attendues sur l’emploi, car seuls 14% des salariés pensent que lephénomène va générer plus d’emplois qu’il n’en supprimera. Notons que les salariés du secteur banque / assurances, un secteur touché de plein fouet par l’impact du digital, sont deloin les plus nombreux à penser que leur travail sera impacté par le numérique. Ils sont 89% à estimer que leur travail aura été modifié, voire supprimé, d’ici 2030.

Le rôle de l’employeur

Près de 6 salariés sur 10 (59%) ont le sentiment d’être bien accompagnés par leur entreprisedans l’adaptation au numérique, mais on observe de fortes disparités entre grandes et petites entreprises, secteurs, catégories de salariés.

Les grandes entreprises semblent avoir sensiblement plus de difficultés que les ETI et PME à satisfaire le besoind’accompagnement digital deleurs collaborateurs.

De la même façon, plus le secteur semble impacté par le digital, en termesd’automatisation des tâches,moins les salariés se sentent bien accompagnés. Les salariés du secteur des télécoms sont plusnombreux à s’estimer bienaccompagnés (74%) que ceux de  l’industrie (56%) et de la banque-assurance (52%).

Enfin, les cadres sont 70% à estimer être bien accompagnés, contre à peine un ouvrier sur 2 (51%).

A cet égard, Marc Sabatier, Président de Julhiet Sterwen, indique que : « la plupart des entreprises ont lancé des chantiers pour anticiper demain, d’un point de vue commercial, en réinventant leur parcours client. Il est grandtemps qu’elles fassent la même chose pour leurs collaborateurs. Pour que la transformation del’entreprise, rendue inéluctable par le digital, réussisse, il est indispensable d’accompagner l’ensemble des salariés, qui sont tous impactés. »

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