Comment mettre en œuvre une cure de « data detox » ?

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L’été approche : envoyez vos données en cure de « Detox » !

 Par David Decloux, spécialiste des référentiels de données et de l’expérience client chez Informatica France

 

Big Data, Master Data, Open Data… Les données sont, depuis toujours, la nourriture des systèmes d’information et le carburant des entreprises. Mais ces dernières années, les capacités de collecte, de stockage et d’analyse de ces données ont augmenté de manière exponentielle. Il s’agit donc maintenant de distinguer, dans cette masse, celles qui sont critiques au métier, nécessaire à l’organisme (l’information) et celles qui seront rejetées ou feront l’objet d’une accumulation malsaine (les déchets ou les graisses). Ces données inutiles viennent complexifier la gouvernance ainsi que l’identification et la mise en en valeur des informations indispensables. Gare à l’obésité, donc !

Comment mettre en œuvre une cure de « data detox » afin de parvenir à une gestion et une vision saines de ses données ? Si à l’approche de l’été, certains commencent à se préparer « physiquement » pour la plage, David Decloux d’Informatica a mis au point un régime en 5 points pour en faire autant avec les données de l’entreprise. 

1 – Ecoutez votre corps !

Où exactement avez-vous mal ? Quels problèmes sur vos données sont les plus critiques pour l’entreprise ? Avant d’entreprendre une quelconque action « Detox », il s’agit d’identifier les erreurs d’alimentation qui doivent être corrigées. L’évaluation de ce type d’indicateurs peut être manuelle (mais fastidieuse), ou automatique, via des outils dits de « profiling ». La flexibilité de ces derniers pour créer, en plus des règles de base (champs vides, types non conformes, etc.), des règles spécifiques au métier, est un avantage primordial pour une découverte en profondeur et à forte valeur ajoutée pour l’entreprise (retro-engineering). C’est également l’opportunité d’en faire une vraie plateforme interactive pour les analystes de données, avec des tableaux de bord « instantanés » mais également un suivi sur la durée. Un outil parfaitement adapté pour mesurer le succès de votre cure « detox » et garder votre motivation intacte au fil du temps…

2 – Eliminez les toxines !

Une fois le diagnostic posé, quels principes actifs adopter pour votre régime ? L’objectif est d’éliminer, ou de limiter, l’apport au sein de l’organisme productif de 6 toxines primordiales : incomplétude, non-conformité, incohérence, inexactitude, duplication et corruption. Là encore, dans de nombreux cas, l’outil informatique vise à permettre le redressement des informations suivant ces 6 axes, tout en limitant le travail manuel d’un opérateur, dédié aux actions à forte valeur ajoutée. Il est tout aussi important de considérer dans ce processus l’ensemble des modes d’alimentation : l’en-cas restreint, rapide et ponctuel (temps réel), la prise globale, régulière et planifiée (batch) et le grignotage compulsif et ininterrompu (fil de l’eau). Une plateforme de qualité de données d’entreprise, permettant d’adresser de manière cohérente les 6 toxines sur l’ensemble des flux, est la clé d’une « detox » réussie, c’est-à-dire visible à tous les niveaux et valorisante, à l’intérieur comme à l’extérieur. 

3 – Adoptez de sains principes !     

Les cures « detox », même régulières, ne sont pas suffisantes. Eliminer les toxines, une fois ingérées par le système d’information, est indispensable mais la réussite passe aussi par un changement de ses habitudes « alimentaires » pour en limiter l’absorption. C’est la nécessité d’adopter de nouveaux comportements vis-à-vis de ses données, de contrôler de manière plus efficace leur acquisition, leur gestion et leur utilisation. C’est la gouvernance des données, tout simplement. Seules la définition et l’application de nouvelles règles permettront d’ajouter un volet préventif au seul volet curatif que représente la majorité des initiatives de qualité de données aujourd’hui. C’est ce schéma de gouvernance, cette charte de bonnes pratiques liées aux données, qui garantira la réalisation optimale de leur potentiel.

 4 – Attention aux sacrifices !

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Les cures « detox » sont fatigantes. Adresser les problématiques de qualité de données, en particulier lorsque l’on n’en contrôle pas l’ensemble des points d’acquisition, est coûteux en ressources et en temps. Comme dans le cadre des régimes alimentaires, il faut s’assurer d’équilibrer le rapport bénéfices/risques. Si la notion de plaisir n’est évidemment pas transposable de la cuisine à l’entreprise, de telles cures sont exigeantes : gare à la fatigue du SI (Système Immunitaire ou Système Informatique) et de ses gardiens ! Il est facile de tomber dans le piège de gérer plus de données que nécessaire, ou à des niveaux d’exactitude et de fidélité qui ne sont pas requis (voir exemple ci-dessus). Les principes de gouvernance visent également à évaluer la pertinence de chaque donnée et le niveau optimal de qualité qui lui est associé, pour mettre en balance sacrifice et bénéfice, coût et ROI. Attention, donc, à ne pas « maîtriser » vos données au-delà de leur valeur pour l’entreprise…

 5 – Et pourquoi pas un jeûne ?

Une idée polémique dans un contexte de course à l’accumulation préventive ou prévisionnelle de données de toutes sortes… Et pourtant, si l’objectif n’est évidemment pas de couper tous les flux d’alimentation, on peut légitimement se demander si l’entreprise n’aurait pas intérêt, de temps en temps, à prendre un peu de recul face à ses données. Pour en analyser, via ses processus de gouvernance, le coût, la finalité et les besoins. Une manière de s’assurer qu’on ne se perd pas dans des données qui, si elles ne sont plus impossibles à capturer et conserver, seront autant de perturbations ou d’éléments de déconcentration pour l’IT d’abord et pour les métiers ensuite. L’aspect réglementaire est également à prendre en compte ici, et le jeûne de certaines données peut très bien se voir imposé par les autorités, ou par la pression réputationnelle. Savoir adapter son régime et sa politique à la fois aux besoins et aux contraintes devient essentiel. Autant se priver volontairement (et publiquement ?) des données dont on a estimé qu’elles n’étaient pas indispensables plutôt que d’entrer dans des processus de déclaration, d’acceptation et de purge contraignants. Une donnée de qualité peut se révéler toxique pour l’entreprise si toutefois cette dernière n’a pas le droit de l’utiliser ou même de la connaître…