Consommation fragilisée, croissance des plateformes asiatiques, transformations technologiques…
La Fevad dresse le moral des E-commerçants
Annie Abela
Ce mardi 10 Mars sur l’évènement 1to1 à Monaco, Marc Lolivier, Délégué général de la Fevad (La Fédération du e-commerce et de la vente à distance ) en partenariat avec Toluna -Harris Interactive et LSA a dévoilé les chiffres sur le moral des
E-commerçants.
Découvrez en avant-première, les temps forts de la conférence.
» Les Français ont dépensé près de 200 milliards d’euros sur internet en 2025! »
L’e-commerce confirme son rôle de pilier durable de la consommation, malgré un environnement économique et politique incertain » explique Marc Lolivier et de poursuivre : « Cette croissance est avant tout portée par les usages : les Français achètent plus souvent en ligne, même si la pression sur les prix limite la progression du panier moyen ».
Mais quel est le moral des e-commerçants ?
Ont-ils confiance dans l’avenir?
Quelles sont leurs priorités stratégiques et en investissements ?
Le moral des e-commerçants
Surprise ! le moral des e-commerçants progresse de 36 %. Ils se disent plus optimistes pour 2026, contre 20 % moins optimistes, soit un solde positif de 16 points en hausse de 7 points par rapport à l’an dernier. Même dynamique chez les autres européens avec un solde positif de 23 points.

Perception sur l’évolution du marché
Les e-commerçants décrivent un marché qui reste globalement orienté à la hausse, en France comme dans le reste de l’Europe.
En France, 44 % des dirigeants estiment que leur marché est en croissance, contre 28 % qui le jugent en baisse. Dans les autres pays européens, 46 % considèrent également leur marché en croissance, contre 21 % en recul.
Malgré un léger tassement par rapport aux années précédentes, l’exercice 2025 reste globalement positif. La moitié des entreprises françaises déclare un exercice rentable, tandis qu’environ une entreprise sur cinq reste déficitaire, un niveau stable.
Ce climat plus positif coexiste toutefois avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.
Cependant, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.

Principales tendances à venir pour 2026
Ce climat « positif « coexiste avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique.
En France, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois, contre seulement 6 % qui envisagent une amélioration.
Pour 2026, les perspectives d’activité demeurent bien orientées : 67 % des e-commerçants français anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, contre seulement 8 % qui prévoient une baisse.
Les perspectives sont également positives en matière de rentabilité : 56 % des entreprises françaises anticipent une progression de leur marge nette.

La montée en puissance des grandes plateformes opérant depuis l’Asie est désormais perçue comme un facteur structurant pour le secteur.
Ainsi, 70 % des e-commerçants français exposés à la concurrence de ces plateformes déclarent que leur activité est directement impactée, et près d’un tiers indiquent avoir dû adapter leur stratégie commerciale.
Une donnée intéressante, les dirigeants observent des évolutions profondes des comportements d’achat :
- 93 % constatent un renforcement de l’attractivité des promotions et des prix bas
- 95 % estiment que les repères de prix des consommateurs ont changé
- 80 % observent une hausse des achats impulsifs

Quelles sont les priorités stratégiques et les investissements ?
Deux points ressortent de l’étude : l’International et les investissements technologiques.
L’international : un levier de croissance majeure
L’ouverture internationale continue de progresser parmi les acteurs du secteur.
Deux tiers des e-commerçants français et trois quarts des entreprises européennes déclarent opérer à l’étranger.
Parmi ces entreprises présentes à l’international, 77 % anticipent une augmentation de la part de leur chiffre d’affaires réalisée hors de leur marché domestique dans les deux prochaines années, confirmant le rôle croissant de l’export dans les stratégies de développement du e-commerce
Investissements : priorité à l’informatique et au marketing
Les priorités d’investissement pour 2026 traduisent une volonté de consolider les fondamentaux du modèle e-commerce. Les principaux domaines d’investissement concernent :
- l’informatique et la cybersécurité (58 % des entreprises françaises prévoient d’augmenter leurs budgets)
- le marketing et la publicité (48 %)
- le développement international et la monétisation de l’audience (marketplaces, retail media…)
A noter que les budgets marketing se concentrent principalement sur les réseaux sociaux, le référencement naturel (SEO) et la publicité en ligne, tandis que les canaux hors ligne (TV, radio, presse ou imprimés publicitaires) restent globalement stables ou en recul.

Impact de l’IA dans les organisations
L’IA, et en particulier l’IA générative, s’impose désormais comme un levier majeur de transformation du e-commerce. Ce sont 94 % des entreprises françaises qui déclarent utiliser au moins une solution d’IA générative. Elle est perçue comme l’innovation la plus prometteuse à horizon trois ans, notamment dans les domaines de :
- la relation client
- le marketing
- la logistique et la sécurité.
Cette diffusion s’accompagne d’une transformation rapide des métiers : 87 % des dirigeants déclarent observer des évolutions organisationnelles liées à l’introduction de solutions d’IA.

Les dirigeants interrogés expriment également une attente forte en matière de souveraineté numérique européenne.
- 90 % estiment que l’Europe est aujourd’hui trop dépendante des technologies et plateformes américaines et asiatiques
- 83 % se déclarent insatisfaits de la politique européenne actuelle dans ce domaine
En matière de politique européenne de souveraineté numérique, deux priorités se détachent très nettement aux yeux des dirigeants :
👉faire respecter plus strictement les règles européennes par les acteurs extra-européens 👉et alléger les charges qui pèsent aujourd’hui sur les entreprises européennes.







