CES 2020 : gadgets ou vraies innovations ?

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Debrief  CES 2020

Après les deux conférences « Back to CES 2020 » organisée par Dentsu Aegis, le 21 janvier 2020 dans les bureaux de Twitter et celle d’ Olivier Ezraty, le point sur le plus grand salon de l’électronique au monde.
Q
uelles seront les nouvelles innovations de demain? Les frenchies étaient-ils au rendez-vous ? Gadgets ou pas … 
Retour sur cet événement tant attendu en ce début d’année 

Des chiffres en baisse par rapport aux autres années 

The Consumer Electronics Show accueillait cette année plus de 170 000 visiteurs divertis par la présence de plus de 4 400 exposants venus du monde entier et répartis sur 269 419 m 2 soit l’équivalent de 24 Stade de France côte à côte. L’énormité de l’événement cache tout de même une légère baisse de fréquentation par rapport à l’année passée qui cumulait plus de visiteurs et d’exposants sur une surface similaire. Certains acteurs se sont fait remarquer par leur absences comme Alibaba ou Baidu. À l’inverse, des acteurs  ont fait leur apparition comme la compagnie aérienne Delta.

Une french tech en berne

2019 était l’apogée de la French Tech, 2020 le début du déclin. En effet, en 2019, le pavillon français pouvait se narguer d’être le troisième pays le plus exposé après les Etats- Unis et la Chine, en 2020 du haut de ses 297 stands, La France perd une place au profit de la Corée du Sud, représentée par des géants comme Samsung, LG et Hyundai.
Un manque de succès cette année combiné avec le chauvinisme de certains investisseurs français qui préfèrent investir dans Vivatech.
31 sociétés étaient nominées cette année pour « Innovation Awards Honorees » contre 60 en 2019.

Exposants français pendant le CES de 2006 à 2020, crédit photo : Olivier Ezratty

Des innovations dans les secteurs de la santé et de la sécurité 

Le CES est aussi le résumé de nombreuses innovations réalisées par des entreprises à la recherche de profits pour pouvoir rentabiliser leurs nombreuses dépenses en R&D.  Une vitrine ouverte sur le monde où la perception de l’utilité d’un produit est propre à chaque individu.
En effet, une personne qui habite dans un studio et qui n’a pas 1,2 millions d’euros à dépenser pour « The Wall Luxury », la nouvelle télé Samsung présentée au CES, peut être intéressée par « Ballie », le robot connecté à tous les appareils électroniques de la maison et pouvant jouer avec son animal de compagnie.

Plis sérieusement, deux secteurs attisent l’intérêt de tous. C’est le cas de la santé et de la sécurité. Jean Viry-Babel, fondateur et président de xRapid, a présenté au CES un petit boîtier permettant le prélèvement et l’analyse de sang sans avoir à se déplacer.
Il est destiné aux individus ayant des maladies nécessitant des analyses de sang régulières, ce qui lui a valu d’obtenir un Awards au salon.

Dans le domaine de la sécurité, on retrouve également de nombreuses innovations comme des serrures connectées du fabriquant Netatmo, ou une caméra de vidéo-surveillance nocturne pouvant filmer en couleur avec la Arlo Pro 3.

Des projets futuristes

Epoustoufler, ébahir, faire rêver ou simplement faire sourire, se sont les différentes sensations que peuvent susciter les innovations que l’on va voir dans cette rubrique. Dans la catégorie « éviter les bouchons à tout prix », deux projets se démarquent sans pour autant être concurrents.
Le premier projet vient de l’entreprise Uber, qui, en partenariat avec le constructeur Hyundai, présentait le E S-A1 eVTOL Personal Air Vehicle, en maquette.

Cet hélicoptère de transport de passagers permettrait à Uber d’ajouter un nouveau moyen de transport à sa flotte, mais rien ne dit encore qu’il va voir le jour dans nos villes.
Le deuxième projet est tout aussi douteux au niveau de sa viabilité de part sa complexité. Réalisé par l’entreprise Israélienne NFT Inc , il s’agit d’une voiture volante avec des ailes repliables, la ASKA peut décoller à la verticale, non sans rappeler une certaine Doloréane de MartyMcfly.
Enfin, dans la catégorie «laboratoire vivant », Toyota est le seul représentant avec un projet de ville en construction, bâtie au pied du Mont Fuji:
 la Woven City. Cette ville connectée permettra aux ingénieurs de Toyota de développer des technologies telles que la conduite autonome, la robotique ou encore la domotique dans un environnement réel.

La ASKA, voiture conçue par l’entreprise Israélienne NFT Inc avec ses ailes repliable

Les incontournables BUZZ ou Fake 

Le gros buzz du CES 2020, c’est la pomme de terre connectée de Nicolas Bladeck aka « Potatoman » qui était présent à la conférence de Olivier Ezratty . « Concrètement, j’ai un vrai produit : une carte électronique qui se plante dans la patate et prend son électricité dans la patate et connecte la patate au téléphone, en Bluetooth. » L’ancien étudiant en électronique nous explique qu’une application est connectée directement à la pomme de terre permettant de suivre son état.


La second buzz, c’est l’intervention de la fille du président Donald TrumpInvanka Trump. Invitée au salon pour ses compétences en technologies. Son interview sur le thème du « Futur du travail » avec Gary Shapiro, président de l’association organisatrice du salon, a tourné en campagne électorale pour son père, défendant la lutte contre le chômage que s’efforce de mener la Maison Blanche.

Mais l’innovation ne signifie pas forcément progrès 

En effet, tout ces produits, tous plus innovants les uns que les autres ne sont pas synonymes de progrès pour autant. La notion de progrès reflète une évolution dans la société. Il y a une dimension technologique, mais aussi une dimension morale importante. Faciliter la vie, obtenir une meilleure expérience d’utilisation, gagner du temps ou tout simplement permettre de se divertir, n’est pas forcément gage d’évolution et donc de progrès. 

Par Tanguy Meshaka, étudiant en Ecole de Commerce et stagiaire chez MyDigitalWeek