Les 3 prochaines tendances des parcours de transformation digitale 

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Un regard sur 2022

Selon Software AG

Les tendances vont et viennent si rapidement, qu’il peut être difficile de prédire celles de demain. En l’espace de deux ans, le monde a changé : travail hybride, chaînes d’approvisionnement bouleversées, cycles de vente durablement altérés… Et bien que les consommateurs renouent avec les expériences en physique, ils conservent également les nouvelles habitudes digitales acquises pendant les périodes de restrictions ; tout ceci dans le cadre d’impératifs financiers, environnementaux et sociaux en constante évolution.

Voici les trois tendances qui se dégagent pour les entreprises de toutes tailles et secteurs en 2022 :

1. Le contexte donne de la valeur aux données

La transformation digitale est une histoire de données : stockage (Cloud), gestion (Big Data/analytics) et utilisations (IA et applications). Cependant, de nombreux projets proposent une vision en 2D, pas nécessairement inutile mais les utilisateurs réclament désormais une analyse plus précise et complète.

C’est pourquoi la contextualisation des données devient une priorité majeure, permettant de sécuriser les prises de décisions. Car dès les débuts du Big Data, l’ajout de contexte a été un défi, en raison des difficultés à combiner les données à faible vitesse dans les entrepôts et les données opérationnelles à grande vitesse. Les plateformes sont maintenant devenues plus sophistiquées et permettent davantage d’intégrations plug-and-play, mais aussi davantage d’analyses intégrées : les prémices d’un tissu de données (data fabric).

Aujourd’hui, par exemple, des environnements à risques tels que les plateformes pétrolières ou parcs éoliens vont pouvoir payer les ingénieurs de maintenance en fonction des conditions météorologiques et de la complexité des tâches. Ces données permettent de rédiger des contrats précis, en ayant une idée plus spécifique de la charge de travail ainsi que des coûts. Cette intégration permet de prioriser de manière éclairée : en effectuant des tâches de maintenance essentielles immédiatement, malgré les coûts ou en repoussant des tâches non-essentielles dans l’attente de bonnes conditions météorologiques.

La notion nouvelle de Data Fabric souligne les possibilités des hubs de données qui permettent d’analyser rapidement celles qui passent sur les plateformes d’intégration. 72 % des entreprises considèrent que le Big Data soutient leurs objectifs commerciaux, mais pour garantir un usage des données pertinent, le contexte est aujourd’hui un facteur-clé.

2. Automatisation : au-delà du phénomène de mode

L’automatisation est un objectif de plus en plus important pour les organisations cherchant à améliorer l’efficacité de leurs processus ou à optimiser les compétences de leurs équipes. Il existe différentes manières d’automatiser : intelligence artificielle, apprentissage automatique (AI/ML), automatisation robotique des processus (RPA). C’est la combinaison de ces différentes technologies et impératifs métiers qui aboutit à l’hyper-automatisation.

Les entreprises peuvent mettre en œuvre trois niveaux d’automatisation : les tâches, les processus et le développement. Au niveau des tâches, elles peuvent examiner comment des actions spécifiques sont exécutées et si elles sont automatisables, grâce notamment aux outils d’exploration des tâches.

Au niveau des processus et des opérations, les entreprises doivent analyser comment ces différentes tâches s’intègrent dans un ensemble complet d’actions menant à un résultat. C’est le Process Mining. Mais il existe également des moyens de connecter plateformes et différents appareils pour établir de nouveaux processus opérationnels : par exemple par le biais d’API. L’accélération de la découverte, de la connexion et de l’analyse de ces différents processus est un facteur important des efforts d’automatisation.

Enfin, il est possible d’automatiser le développement de nouveaux produits ou services sans avoir à les coder. Il s’agit des plateformes low-code / no-code, dans lesquelles des entreprises comme Goldman Sachs investissent déjà.

L’hyper-automatisation est possible, mais elle comporte tellement d’éléments disparates qu’elle doit être réalisée de manière standardisée. Si la RPA (Automatisation Robotisée des Processus) n’est pas réalisée avec des protocoles cohérents dans toute l’entreprise, par exemple, il y aura des problèmes importants au moment où les différents bots devront se connecter. Les entreprises peuvent se trouver dans l’obligation de reconcevoir des éléments importants de leur code de base. De même, si le département informatique ne conçoit pas l’automatisation low-code en standardisant initialement toutes les nouvelles applications, une lourde dette technique pourrait s’accumuler.

3. Le changement culturel en marche : de nouvelles approches stratégiques

90 % des entreprises qui investissent dans leur culture digitale obtiennent des performances exceptionnelles, la transformation numérique repose sur un changement culturel. Pour cela, plusieurs facteurs sont à prendre en considération, essentiellement : la formation des équipes et l’adhésion du management.

La stratégie des décideurs vis-à-vis de la prise de risque et de la performance influe sur l’agilité de l’organisation. Elle se manifeste notamment par le lancement de produit minimum viable (MVP) pour saisir une opportunité ou résoudre un problème (soit le lancement de nouveaux produits et services avant leur finalisation). Cette stratégie permet à l’entreprise d’avoir une grande réactivité, mais elle augmente la dette technique qui peut menacer les développements futurs.

Depuis la pandémie, de plus en plus d’entreprises ont conscience que la dette technique est un moyen de devenir plus agile. La nécessité de déployer rapidement de nouveaux produits ou processus alors que les confinements et mesures de distanciation entraient en vigueur a montré aux entreprises les avantages d’une approche MVP. Il est probable que de plus en plus d’entreprises déploient cette méthode à l’avenir.

Les parcours de transformation digitale n’ont pas de date butoir en soit, il y a simplement des étapes en cours de route. Les entreprises en atteignent une, décident combien de temps elles veulent s’y arrêter, puis passent à la suivante. Il est tout à fait normal de s’attendre à de nouveaux progrès sur le chemin de la transformation. Il sera intéressant de suivre la manière dont les entreprises concrétiseront cette évolution au cours des prochains mois.