Les Banques traditionnelles VS Fintech

744

Les banques traditionnelles mises à l’épreuve face au succès des entreprises innovantes de fintech

Le temps des rapports banquiers annuels arrivant, les institutions traditionnelles repensent à la manière dont elles peuvent tirer leur épingle du jeu dans un contexte de concurrence  internationale acharnée. Jeudi dernier, le Crédit Suisse annonçait une perte de 2,6 milliards d’euros en 2015, leur première période dans le rouge depuis 2008, alors que la banque traverse une période difficile en raison de sa restructuration. Le rapport de la Deutsche Bank rendu public la semaine dernière a également montré leur première perte annuelle depuis la crise financière, attribuée notamment selon leur CEO à des problèmes bancaires de longue date[1]. Il est donc clair que les banques ressentent le poids des entreprises innovantes de fintech.

Cet impact se ressent plus particulièrement dans le domaine de la vente au détail, avec des banques faisant face de manière continue à des consommateurs ayant déjà eu l’opportunité de tester des technologies bancaires toujours plus innovantes. Un rapport publié par PwC met en exergue le fait que 55 pour cent des cadres dans le domaine bancaire voient les concurrents de fintech comme une menace pour les banques traditionnelles. Ce même rapport indique que le développement d’un business model plus axé vers le consommateur est une priorité pour les banques si elles souhaitent rester compétitives au cours des cinq prochaines années.[2]

Des entreprises innovantes telles que TransferWise, Nutmeg et Funding Circle fragmentent de plus en plus le marché, isolant les différents services financiers de manière à créer une offre plus souple. Ces entreprises viennent bousculer l’ordre actuel des choses en mettant l’accent sur l’innovation au service du client. Ce critère est au cœur de la bataille entre le secteur des fintech et les banques traditionnelles.

Dan Wagner, fondateur et PDG de Powa technologies a commenté : « Les entreprises de fintech ont bien compris l’intérêt d’offrir à leurs clients une expérience nouvelle. Contrairement à leurs concurrents traditionnels -certains  étant de véritables géants dans leur domaine – les start-ups fintech ayant connu le succès se spécialisent dans seulement un ou deux services financiers. Ils restent ainsi flexibles et à l’écoute des clients, concepts caractérisant particulièrement l’aire du « digital ».

« Ces dernières années, nous avons assisté à l’essor du mobile banking, en particulier aux Etats-Unis où ce phénomène a dépassé les banques traditionnelles en 2015. Les prédictions montrent que 81 pour cent des Américains utiliseront leur smartphone pour leurs opérations bancaires d’ici 2020. Rappelons d’ailleurs que cette popularité ne gagne pas uniquement les Etats-Unis, mais également le reste du monde[3]. »

« La disponibilité d’un service de mobile banking utilisable ‘n’importe où et n’importe quand’ a tracé la voie vers la tendance de l’omnicanalité . C’est un message que les utilisateurs de produits fintech revendiquent : la commodité n’a jamais autant été une priorité pour les consommateurs. Les banques traditionnelles continueront à avoir des difficultés si elles ne parviennent pas à satisfaire la demande des consommateurs dans ce domaine. »