Quand influence rime avec responsabilité …

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L’influenceur de demain sera plus responsable et éthique

Lors de la soirée de Talkwalker, le 21 janvier dernier, Jonathan Chan, influenceur B2B et membre de La Brigade Du Web, est intervenu sur les tendances des réseaux sociaux et du web.Les sujets abordés lors de cet interview : Responsabilité, expertise, KOL (Key Opinion Leader)… Comment définir l’influence aujourd’hui ?

MyDigitalWeek : Quelles sont tes principales activités ? 

Jonathan Chan : A l’heure actuelle, j’ai une triple casquette :
1- Je suis chargé de communication et community manager chez Dentsu Aegis Network, le 4ème groupe de communication dans le monde. Leur objectif est de mettre au service des marques, l’ensemble des solutions de communication et de marketing, leurs activités peuvent aller du brief média par les agences telles que Carat, Vizeum ou Dentsu X, des agences spécialisées dans la création chez Isobar ou gyro et aussi une agence de performance digitale chez iProspect.
2- J’ai un rôle similaire chez iProspect où à la place d’être au service des agences, je l’exerce pour les leviers digitaux tels que le SEO, le Paid Social, SEA ou la Data par exemple.
3- Enfin, je travaille en freelance en tant qu’influenceur B2B pour le compte de  La Brigade Du Web, un collectif d’influenceurs spécialisé dans le B2B et créé par Annie Lichtner. Nous sommes régulièrement présents pour couvrir des événements ou pour mettre en avant des livres blancs à travers notre influence sur les réseaux sociaux sur Twitter et LinkedIn et pour certains à travers le blog.Pour ma part, je suis plus spécialisé dans l’innovation, le marketing, le digital et les réseaux sociaux.

MyDigitalWeek : Pour toi, le fait d’être considéré comme influenceur est une volonté ou c’est arrivé au fil du temps ? 

Jonathan Chan : Il s’agit d’une erreur de penser qu’influenceur est un métier. On ne se décrète pas influenceur, c’est l’audience qui va déterminer si vous êtes dans la capacité à éclairer le comportement des personnes.
Etre influenceur, c’est avant tout une passion que l’on développe en partageant des contenus engageants et pertinents vers des communautés affinitaires. Cette audience va s’intéresser à votre contenu puis au fur et à mesure, une influence se créer. I
l y a avant tout un travail et une passion derrière pour finalement avoir ce statut.

Finalement, le terme d’influenceur me dérange, car il s’agit d’une définition vaste puisque tout le monde à son échelle peut influencer. Le marché a seulement créé des segmentations d’influenceurs en fonction de leur taille d’audience (micro-influenceurs, macro-influenceurs…) afin de structurer le levier du marketing d’influence.

MyDigitalWeek : Penses-tu qu’il serait intéressant de mettre en place un diplôme d’influenceur :

Jonathan Chan : Je ne crois pas en la nécessité de créer un diplôme d’influenceur. Comme je l’ai dit à la précédente question, la définition d’influence est large, néanmoins j’estime que nous devons sensibiliser les personnes à élever leurs sens de responsabilité dans leur usage sur les réseaux sociaux. Je me souviens des polémiques sur des affaires où des influenceurs britanniques ont fait la promotion des boissons au cyanure car ils n’avaient pas lu la composition des produits ou encore une influenceuse qui avait vendu que 36 t-shirts alors qu’elle avait des millions d’abonnés. A la place d’un diplôme qui serait un cadre trop contraignant, je préconise une charte de bonne conduite entre la marque et les influenceurs, il s’agit d’un ensemble de déclarations amenant à une pratique plus transparente comme le fait de mentionner de manière explicite le mot sponsorisé ou bien de comprendre le produit qui va être promu avant de le publier.

MyDigitalWeek : Que faut-il retenir de l’influence en B2B ?

Jonathan Chan : En B2B, il est nécessaire de se sortir de ce cliché qu’est l’influenceur sur Instagram qui publie de manière superficiel. En B2C, la forme domine le fond car en général la plupart des personnes cherchent à consommer à un contenu divertissant ou inspirationnel, même si cela diffère en fonction des secteurs d’activité.

Dans le B2B, les rapports de force sont inversés entre le fond et la forme. Un lien de confiance se crée à partir de notre expertise qui amène de la crédibilité. De plus, les formats utilisés sont différents. Ils sont enrichis en B2C par rapport en B2B même si les deux secteurs commencent à s’homogénéiser. En B2B, les réseaux sociaux les plus utilisés sont principalement: LinkedIn et Twitter, mais ils existent d’autres leviers comme la rédaction d’un article de blog. Ce qu’il faut savoir sur le B2C, c’est que le décideur dans son parcours d’achat rencontre plusieurs points de contacts, il faut donc activer des contenus en fonction du canal qu’il utilise.
Pour ma part, j’estime que l’influence B2B est intéressante, car on va s’interroger sur le pourquoi, sur le fond des choses avant d’aller recommander ou non des solutions.

MyDigitalWeek : Comment tu te projettes sur ton métier d’influenceur dans les années à venir ? 

« Je dirais que l’influenceur de demain sera plus créatif, il saura créer des formats plus engageants voir des compétences dans le montage de la vidéo afin de proposer des formats toujours plus immersifs et interactifs à son audience. »

En parallèle je pense qu’il sera plus authentique mais aussi responsable dans ses engagements sociétaux en étant un acteur du changement et ne doit pas uniquement communiquer aux services des marques. Plus mon audience se développera plus je souhaiterais être dans le véridique en tant qu’influenceur en m’engageant davantage dans cette responsabilité. L’état du monde en ce moment est déséquilibré avec le réchauffement climatique, l’accroissement des inégalités avec l’essor de la technologie, le problème de la diversité entre les différents communautés… Je pense que l’on doit aussi porter notre voix en changeant le monde et la société à notre échelle pour qu’elle soit plus juste et mieux représentée.

« Je vois l’influenceur de demain comme quelqu’un de plus responsable et éthique. »

 

Propos recueillis par Etienne Waller, étudiant en école de commerce en stage chez MyDigitalWeek.