Quand les Français éprouvent des difficultés face au numérique

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Les difficultés des Français face au numérique

Etude Ifop et Simplon 

Avec le déploiement des outils numériques, le manque de compétences complique souvent le quotidien des Français et devient de plus en plus un frein pour trouver un travail ou évoluer dans un parcours professionnel. L’écart des compétences se creuse entre les générations et catégories sociales.

– 69% des Français considèrent l’utilisation des outils numériques désormais indispensables dans leur vie de tous les jours et 20% d’entre-eux jugent cela compliqué voire stressant !

Quand les Français éprouvent des difficultés face au numérique, les premières personnes sollicitées sont le conjoint ou le membre de la famille (54%), devant un proche plus jeune (49%) ou un collègue de travail pour les actifs (48%). Symptôme des stigmates reposant sur les plus anciens face au numérique, seulement 22% des Français ayant rencontré desdifficultés font appel à un proche plus âgé. Notons que les professionnels sont eux aussi peu sollicités, seuls 22% faisant appel à un vendeur d’outils numériques, les Français allant visiblement au plus pratique.

La crise sanitaire et ses effets ne sont pas à négliger en ce qui concerne les compétencesen matière de numérique. Même si pour 71% des personnes interrogées la crise n’a rien changé, et que 14% en ont même profité pour améliorer leurs compétences, 15% des répondants reconnaissent que leurs problèmes se sont aggravés ou révélés durant la crise. Ces résultats font apparaître un cercle vicieux de la compétence numérique : ceux utilisant quotidiennement internet sont 7% à considérer que leurs difficultés se sont aggravées contre 19% de ceux s’en servant de manière hebdomadaire et 21% s’en servant moins souvent encore.

Plus d’1 sondé sur 2 déclare en effet avoir rencontré des difficultés au cours de ces derniers jours dont la simple gestion des mails (53%).

Les difficultés que peuvent rencontrer les utilisateurs des outils numériques sont plurielles : cela peut impliquer la modification des paramètres d’un appareil (66% déclarent avoir rencontré des difficultés dans ce domaine au cours de l’année), la consultation des comptes auprès d’une administration ou de sa banque (60%), l’utilisation d’un outil de bureautique (58%) ou encore la simple gestion des mails (53%, dont 22% ont même des difficultés dans ce domaine tous les jours).

– Les plus en difficulté (26% au global) se retrouvent particulièrement au sein de catégories éloignées de la  »socialisation numérique », que ce soit à cause de leur âge ou de leur milieu social.

Près des trois-quarts (74%) des Français affirment ne pas rencontrer de difficultés sur leurs compétences numériques, et 12% suggèrent même se situer au-dessus de la moyenne. Les plus  en plus en difficulté (26% au global) se retrouvent particulièrement au sein de catégories éloignées de la « socialisation numérique », que ce soit à cause de leur âge (43% des 65 ans et plus sont dans cette situation) ou de leur milieu social (35% parmi les personnes ayant un diplôme inférieur au bac). A contrario, les cadres expriment massivement ne pas avoir de difficultés (94%), tout comme ceux ayant suivi une formation sur le numérique (83%).

– La maîtrise des outils numériques est un frein dans le monde professionnel pour 88% des sondés.

Ce manque de compétence est reconnue par une très largement majorité des Françaiscomme pouvant constituer un frein dans plusieurs domaines de la vie, en particulier dans la vie professionnelle : 88% des personnes interrogées déclarent que cela peut l’être pour trouver un travail, en particulier parmi les plus de 65 ans (92%) et ceux se sentant compétents sur le numérique (90%), 86% pour évoluer professionnellement et 78% pour garder un travail.

Seuls 30% des Français déclarent avoir suivi une formation liée à l’utilisation des outils numériques (dont 4% seulement au cours de l’année écoulée). C’est le cas notamment des femmes (32%), des cadres (47%), des salariés du public (42%), des plus aisés (34%) et des diplômés du supérieur (42%). La formation au numérique demeure donc largement ciblée vers les plus dotés en capitaux, économiques et scolaires, et ceux qui ont le moins tendance à rencontrer des problèmes dans ce domaine.

Les formations sont par ailleurs largement suivies soit dans le milieu professionnel, pour lessalariés (78%), ou au cours du parcours scolaire, que ce soit au cours d’une formation universitaire (44%) ou au cours du parcours scolaire (42%), isolant donc les catégories de la population qui ne sont ni en âge de travailler, ni n’ayant bénéficié du développement du numérique dans leur jeunesse.

– Les freins à l’accès à la formation sur l’utilisation des outils numériques sont là aussi pluriels

67% évoquent la méconnaissance des offres disponibles (76% des plus jeunes), 66% le manque de moyen financier (79% des plus pauvres), 59% le manque de temps (64% des femmes), mais aussi, non négligeable, 50% identifient la honte d’avouer des lacunes. Ces différents éléments vont dans le sens d’une accentuation des inégalités, les moins dotés ayant moins la capacité d’accéder à ces formations sur un domaine pourtant jugé essentiel et capital dans notre monde de plus en plus numérisé.

Les formations en milieu professionnel et en présentiel sont plébiscitées.

Pour venir en aide aux personnes présentant des difficultés à gérer les outils numériques, 85% des actifs privilégient des formations dans le cadre de leur travail, 80% le transfert de connaissances par les proches et 79% des formations classiques proposées par des organismes de formation en présentiel contre seulement 57% jugeant efficaces les formations en ligne.

Rendre le numérique accessible à tous les salariés, une priorité 

D’ici 10 ans, 9 emplois sur 10 nécessiteront des comptéences numériques et selon le rapport sur l’avenir de l’emploi du Forum Économique Mondial, 50 % de tous les employés auront besoin d’une requalification d’ici 2025, à mesure que l’adoption des technologies augmentera. Une importante transformation du marché du travail est en cours et elle commence déjà à bouleverser les dynamiques d’employabilité.

Le FNE permet de donner un socle de compétence numérique à de nombreux salariés en situation d’illectronisme. Simplon œuvre pour réparer la fracture numérique des salariés. Simplon accompagne, par exemple, Schneider Electric pour former 300 ouvriers de production les plus éloignés du numérique et forme les salariés intérimaires en insertion du Groupe.

Forum du Numérique En Commun(s) – Chambéry le 1er avril https://numerique-en-communs.fr/nec-chamber