La robotisation va-t-elle révolutionner le quotidien de votre entreprise ?

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La robotisation va-t-elle révolutionner le quotidien de votre entreprise ?

 par Laure Boutron, Directrice Marketing, Exact

Pour bon nombre d’entre nous, le concept de robotisation renvoit à la science fiction. Pourtant, la réalité rattrape souvent la fiction. A en croire certains spécialistes, les robots feront bientôt fonctionner toutes nos machines et intégreront pleinement notre quotidien, au domicile et au travail, pour nous offrir différents services.

Cependant, il ne faut pas oublier que le processus de robotisation actuellement employé en entreprise se limite encore à l’automatisation logicielle. Cela ne concerne donc pas les robots humanoïdes. Il est utile pour les entrepreneurs de garder cette distinction en tête pour jauger de la pertinence ou non d’utiliser des robots pour leurs business, et ainsi d’envisager des investissements dans un futur plus ou moins proche.

Les robots comme extension de notre capacité physique

Les robots au sens traditionnel du terme reproduisent nos fonctions physiques.

Mais leur puissance est illimitée et ils peuvent travailler 24 h/24.

Bien que les efforts pour développer ces robots s’avèrent aujourd’hui payants, notamment dans les secteurs tels que l’industrie (bras robotiques en usine) et la maintenance (drônes pour l’entretien de pilônes electriques), ce n’est pas nécessairement dans ce périmètre de la robotique que les avancées sont les plus pertinentes.

Ces robots effectuent jusqu’ici des tâches réputées difficiles pour les humains, comme s’occuper de paver les routes, de la maçonnerie ou soulever des charges lourdes. Ils parviennent désormais à effectuer des tâches de plus en plus complexes, comme la chirurgie et nous aident déjà dans la réalisation des tâches répétitives, comme la préparation de commandes en entrepôt, ou, qualifiées, comme la préparation de commandes intelligente. (« intelligent picking »)

Les robots logiciels ou le « machine learning »

La même chose vaut pour les robots dits logiciels. Leur usage se répand peu à peu pour les tâches où ils peuvent être plus efficients que les humains. Par exemple, dans le domaine médical, ils sont plus rapides et plus précis dans la gestion de grands volumes de dossiers patients et aident les médecins à établir leurs diagnostics et à accélérer leur prise de décision en matière de traitements. Ceci s’applique également aux avocats, qui peuvent automatiser la recherche d’informations et l’accès aux jurisprudences pour les aider dans l’instructions de leurs dossiers, on parle alors de Legaltech.

En finance, de simples opérations sont déjà effectuées par des ordinateurs, comme la gestion automatisée des factures.

Même si nous n’en sommes qu’au début des logiciels de « machine learning », les robots sont désormais en mesure d’appréhender les processus de traitement des flux financiers. Une fois acquis, le traitement manuel ne consistera plus qu’à gérer les exceptions.

Les robots pour automatiser des tâches répétitives ou dangereuses

Beaucoup spéculent sur le possible remplacement des emplois par les robots.

En tant qu’entrepreneur, il convient avant tout de regarder les impacts de la robotisation à court et moyen terme. On peut estimer que les tâches pour lesquelles l’être humain n’apporte pas de valeur ajoutée présentent un intérêt à être prises en charge par les robots. Parmi ces tâches, on note principalement celles qui sont chronophages, répétitives, à faible valeur intellectuelle, ou encore qui sont trop dangereuses.

Par exemple, l’examen des textes médicaux ou juridiques est progressivement confié aux logiciels robots qui les analysent de manière détaillée et en continu. Ils ont une énorme capacité de traitement de données dans un court laps de temps et peuvent ainsi proposer des options sur la base des résultats de leurs recherches.

La même chose vaut pour la comptabilité, gouvernée par des règles bien définies. Ainsi, certains processus de gestion comme la facturation peuvent être standardisés et automatisés.

Quatre questions à se poser avant d’investir dans la robotisation des tâches

En tant qu’entrepreneur, avant de vous décider à investir dans la robotisation, vous devez vous poser les questions suivantes :

Quel est votre besoin réel ?

Vous devez définir un avantage clé de l’utilisation des robots pour votre entreprise. Par exemple, identifiez le niveau de pénibilité du travail effectué, les tâches répétitives, pour lesquelles les machines pourront être plus efficaces ou améliorer la qualité du traitement.

Par où commencer ?

Passez l’ensemble de vos processus en revue et repérez ceux qui nécessitent une optimisation de leur efficience.

Pour quels coûts ?

C’est là qu’une étude de cas prend tout son sens : comment justifier l’investissement ? À partir de quand un robot devient-il rentable ? Quelles sont les dépenses cachées ou induites comme la reconversion professionnelle ?

Qui assumera la responsabilité et la pérénnité du projet ?

Installer et maintenir une flotte de robots est une tâche difficile qu’il ne faut pas sous-estimer. Etablissez clairement les responsabilités de chacun. A qui revient la responsabilité des robots ? Est-ce celle du département utilisant les robots ou du département IT ?

Prenez en considération le fait que la robotisation n’est pas seulement une question technologique. Une installation réussie tient compte des aspects sociaux et de culture d’entreprise. Il faudra notamment reconsidérer les tâches et missions des employés une fois qu’une partie de leur travail sera effectuée par une solution logicielle ou un robot.

Et les humains dans tout ça ?

Globalement, la robotisation dans l‘entreprise présente un intérêt si elle permet de supprimer les tâches de faible valeur ajoutée pour le salarié ou l’entrepreneur. Tout le monde a à gagner de cette robotisation là. Cette transformation des processus doit cependant s’accompagner d’une réflexion plus globale sur l’objectif de l’entreprise, sur son organisation et l’implication de chacun.

L’anticipation est le maître mot, à la fois en matière de business (process métiers, outils, communication à l’éco-système) mais aussi, en matière d’accompagnement interne (formation, reconversion, modification des missions).

 

 

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