Cloud, environnement, sécurité, recrutement…comment s’adapter à un environnement complexe

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AWS en France : s’adapter à un environnement complexe

Cloud, environnement, sécurité, recrutement…
Au travers d’une étude sur son impact économique en France, AWS fait le point sur sa contribution sur le territoire depuis 2017.
Quel est l’impact du cloud pour les entreprises françaises ?
Quel est l’impact des investissements réalisés dans l’hexagone ?
Quel est l’impact d’AWS pour réduire son bilan carbone ?
Réponses avec Julien Groues, Géneral Manager France & Italie d’AWS
Propos recueillis par Fabrice Frossard, journaliste spécialisé en innovations et IT

 Impact du cloud

Fabrice Frossard : Depuis deux décennies, le cloud est un moteur d’innovation et vient bénéficier au secteur de la technologie comme à l’économie. De l’informatique dite « on premise », ou hébergée au sein de l’entreprise, ces dernières basculent progressivement tout ou partie de leur système d’information vers des infrastructures distantes.
Selon la Commission européenne, 22 % des entreprises françaises ont adopté le cloud. Comment analysez-vous cette proportion ?

Julien Groues : La crise du de la Covid a accéléré l’adoption du cloud en démontrant l’importance majeure des technologies cloud pour permettre aux organisations d’adapter leurs coûts informatiques à une hausse ou une baisse soudaine d’activité, tout comme elle leur a permis de lancer de nouvelles offres rapidement.
Les freins à l’adoption du cloud, qui pouvaient être par exemple une méconnaissance des mécanismes de sécurité de cette technologie, se lèvent progressivement. D’autant qu’aujourd’hui, il est possible de concilier sécurisation des données, innovation, réduction des coûts, et réduction de son empreinte carbone.

Fabrice Frossard : vous évoquiez la sécurité comme pilier de développement, sur ce point la demande doit être exponentielle ?

Julien Groues : Une étude de Public First sur l’impact d’AWS en France en 2021 révèle que 90 % des utilisateurs d’AWS sont convaincus que le cloud aide à sauvegarder et préserver les données. La sécurité est la priorité chez AWS, car nous sommes dans un business de confiance.

Fabrice Frossard : Comment construisez-vous cette confiance ?

Julien Groues : Sur un modèle de responsabilité partagée : nous garantissons la sécurité des infrastructures et le client la sécurité de ses applications. Si le client met une clé d’accès sur le web, nous avons des outils pour le détecter, mais c’est de sa responsabilité. Nous les accompagnons évidemment pour les aider à sécuriser leurs applications.

Fabrice Frossard : quelles sont les entreprises qui ont choisi de travailler avec vous ?

Julien Groues : Nous travaillons avec tout le spectre des organisations privées ou publiques, du grand compte au développeur en passant par les ETI et dans tous les domaines. Aujourd’hui, 80 % des entreprises du CAC 40 et 70 % des licornes françaises travaillent avec nous. Avec nos partenaires, nous accompagnons les entreprises tout au long de leurs migration vers le cloud.

Fabrice Frossard : Sur l’accompagnement, avez-vous une demande récurrente ?

Julien Groues : Cela varie. Certaines entreprises n’ont plus de datacenter et ont déjà réalisé leur transformation, mais elles souhaitent être accompagnées dans la transformation de leur business et utiliser l’IA pour prendre des décisions. Il y a aussi les PME et les ETI qui souhaitent réduire leurs coûts informatiques, être sécurisées, se développer à l’international et notre rôle est de les y aider en leur faisant oublier la technologie. Nous sommes encore aux prémices de la transition numérique : il y a moins de 10 % de l’informatique qui est dans le cloud.

Impact sur le respect de l’environnement

Fabrice Frossard : côté environnement, l’objectif d’AWS est significatif : 3 600 tonnes de CO2 en moins grâce aux investissements en infrastructures écoénergétiques.
Quelle est votre feuille de route pour atteindre cet objectif ?

Julien Groues :  Amazon sera neutre en carbone en 2040 et AWS approvisionné à 100 % par les énergies renouvelables d’ici 2025. Nous avons cinq ans d’avance sur cette trajectoire entérinée par l’initiative The Climate Pledge. Nous devons aussi réduire en parallèle notre consommation et celle de nos clients, car l’énergie la plus verte c’est celle que l’on ne va pas consommer. On réduit le coût pour nos clients et on réduit notre impact sur la planète, c’est vertueux.

Fabrice Frossard : outre la conception des datacenters, quels sont les autres leviers pour réduire la consommation énergétique ?

Julien Groues : nous avons une expertise dans l’architecture et la conception des équipements à l’intérieur des datacenters jusqu’au niveau du processeur.
Le processeur Graviton3 est un exemple de la façon dont AWS construit du matériel informatique dans une perspective de durabilité. Les instances Amazon Elastic Compute Cloud Amazon (EC2) basées sur Graviton3 utilisent jusqu’à 60 % d’énergie en moins pour les mêmes performances que les instances Amazon EC2 comparables. En raison des besoins croissants mondiaux en infrastructures informatiques et autres infrastructures réseaux, il est essentiel d’innover en permanence au niveau des microprocesseurs pour pouvoir alimenter durablement les charges de travail de demain.

Fabrice Frossard : avec les techniques de développement agile, n’y a-t-il pas une tendance à une inflation applicative et la consommation énergétique afférente ?

Julien Groues : notre objectif est d’aider nos clients de manière durable et frugale à développer des applications peu consommatrice en ressources : une application bien développée avec quelques lignes de code, déployée sur du serverless consommera beaucoup moins qu’une application mal conçue fonctionnant 24 h/24 sur une machine virtuelle.

Fabrice Frossard : outre l’infrastructure et la couche applicative, quelles sont les autres initiatives pour réduire le bilan carbone ?

Julien Groues : grâce à l’IA et à la data, nous analysons l’empreinte carbone liées aux usines, aux transports et à la supply-chain. Nos clients peuvent ainsi jouer sur les 4 tableaux : la fourniture d’énergie renouvelable, l’efficacité de nos infrastructures, l’accompagnement dans le développement d’applications optimisées et l’utilisation du Big data et de l’intelligence artificielle pour réduire la consommation chez nous.

Impact sur l’économie française

Fabrice Frossard : Quelle est la contribution d’AWS sur l’économie française ? Pouvez-vous faire un point et partager des indicateurs ?

Julien Groues : La demande croissante de technologies cloud en France a donné lieu au lancement de la Région AWS Europe (Paris) en décembre 2017, parallèlement à un plan sur 15 ans visant à étendre les infrastructures et les activités connexes entre 2017-2031. Depuis 2017, entre la maintenance et l’exploitation nous avons déjà investi 700 millions d’euros, et, sur les 9 années qui viennent, nous allons encore investir 5,3 milliards d’euros en France, soit 6 milliards d’euros au total.

Cette présence en France séduit de nombreux clients à l’instar de the The Fork, Schneider Electric, Quonto, Société Générale, entre autres pour des raisons de latence, mais aussi des entreprises étrangères a l’instar d’Epic Game, éditeur de Fortnite, qui souhaitent avoir des services proches de leurs clients.

Fabrice Frossard : comment avez-vous mesuré les impacts de ces investissements sur l’économie française ?

Julien Groues : Sur 15 ans, ce sera 1,8 Mds d’euros apportés au PIB français par les entreprises qui utilisent nos services et nos activités.

En 2020, selon une étude Public First, les entreprises françaises avaient généré 1,6 milliard d’euros de croissance économique en augmentant leurs revenus et réduisant leurs coûts. Pour la comparaison, si en 2020 La France avait eu le même taux d’utilisation du cloud AWS que l’Angleterre, ce ne serait pas 1,6 milliard de valeur générées, mais 16 milliards.

C’est pour cela que nous investissons fortement en France, pour accélérer la transformation numérique et créer de la valeur pour les entreprises.

Impact sur le recrutement et la formation

Fabrice Frossard : autre sujet : celui de la pénurie de compétences. Comment abordez-vous cette problématique ?

Julien Groues : effectivement, le frein le plus important à l’accélération numérique est le manque de talents et de compétences. Dans le rapport « Débloquer le potentiel numérique de l’Europe », AWS et Public First ont pu constater qu’en France, seuls 59 % de la population française devraient avoir des compétences numériques de base d’ici à 2030. En réponse, AWS investit pour former 29 millions de personnes dans le monde d’ici à 2025. Nous offrons une variété de programmes éducatifs, de formation et de certification en ligne, en classe et en entreprise pour aider la main-d’œuvre française à développer des compétences numériques et à adopter les technologies du cloud. Depuis 2017, nous avons soutenu la transformation numérique de la France en formant plus de 100 000 personnes dans le pays à des compétences cloud telles que le développement, l’architecture, les données et l’analytique, la sécurité, l’apprentissage automatique et plus encore.

Fabrice Frossard : outre les formations initiales, comment accompagnez-vous les entreprises pour assurer une montée en compétence de leurs équipes ?

Julien Groues : Nous avons mis en place des programmes d’accompagnement pour nos clients. Par exemple, la possibilité d’analyser les compétences en interne et celles dont ils pourraient avoir besoin. Nous les accompagnons ensuite et ce jusqu’à plusieurs milliers de personnes simultanément. C’est par exemple le cas de Nexity, avec qui nous avons travaillé en partenariat sur la Cloud First Academy, un plan de formation ayant pour but d’identifier le niveau de maîtrise du cloud des collaborateurs afin d’orienter au mieux les efforts de formation.

Beaucoup pensent que cette transformation est plus compliquée que ce qu’elle n’est réellement. C’est finalement assez simple de se former aux nouvelles approches des technologies du cloud.

Fabrice Frossard : l’IT est un vrai vivier d’emplois, avez-vous des actions vers des personnes qui souhaitent se reconvertir pour ré-orienter leur carrière ?

Julien Groues : Absolument, nous avons d’ailleurs un programme qui me tient à cœur : AWS Re/start. Son ambition ? aider les personnes éloignées de l’emploi à retrouver un emploi. Nous les formons pendant trois mois aux technologies du cloud avec un premier niveau de certification, ensuite un second et nous les aidons à trouver un emploi chez nos partenaires.

Fabrice Frossard : Pour conclure sur la formation, que conseilleriez-vous à un étudiant qui souhaite se tourner vers l’informatique ?

Julien Groues : Plus qu’une spécialisation, l’important est l’état d’esprit. Il faut rester ouvert !
II est très important de se concentrer sur le traitement de la data, de l’IA, de la robotique. La sécurité, l’optimisation financière sont aussi des sujets majeurs. Il y a des principes importants à prendre en compte pour optimiser l’utilisation du cloud. Tous les sujets sont porteurs, et chacun peut choisir en fonction de son appétence.

Fabrice Frossard : d’autant plus que tous les métiers tendent à s’irriguer de technologie, vous confirmez ?

Julien Groues : Tout à fait, tous les métiers de l’entreprise deviennent des métiers tech aujourd’hui. Pensez au marketing, aux commerciaux, ils ont besoin d’analyser la data, de comprendre les chiffres. Aujourd’hui la question que se posent les entreprises est : comment devenir une société technologique ? Je suis une société de tech qui vend de l’énergie, qui vend des voitures etc. Tout le monde se transforme et c’est une opportunité fantastique. Il n’y a jamais eu meilleur moment pour être dans la tech.

Pour télécharger l’ Étude de l’impact économique d’AWS cliquez ici

MyDigitalWeek en partenariat avec AWS France