Data : rien n’est gratuit sur le Net

637

Quand la confidentialité devient un enjeu majeur

Ces dernières années, la confidentialité est devenue un thème majeur.
De Cambridge Analytica à la collecte de données médicales de millions de Français effectuées par le SNDS (le système national de données de santé), une liste interminable de controverses ont permis de mettre en lumière l’exposition croissante de la vie privée des consommateurs sur le net.

Pourtant nombre d’entre eux ignorent l’ampleur du suivi et de la collecte de données dont ils font l’objet au quotidien. Pour mieux comprendre comment les Français perçoivent leur identité numérique et comment elle se formalise sur le net, Okta a réalisé une étude auprès de 12 000 individus à travers 6 pays (Allemagne, Australie, États-Unis, France, Pays-Bas et Royaume-Uni) en avril.

Rien n’est gratuit sur le Net

Selon le célèbre dicton, « lorsqu’on ne paie pas pour le produit, c’est qu’on est soi-même le produit ». Internet offre une grande variété d’informations et de services que les consommateurs considèrent désormais comme « gratuits ». Cependant, ils oublient régulièrement que leur boite email, leur moteur de recherche sur Internet et autres comptes sur les médias sociaux sont financés par la publicité, et que les annonceurs s’en servent pour accéder à des informations sur eux.

Plus de 4 Français sur 5 (87 %) ne pensent pas que les fournisseurs de produits grand public tels qu’Apple ou Fitbit collectent leurs données biométriques, et 63 % partagent le même avis concernant leurs données de géolocalisation. Respectivement 78 % et 83 % des répondants français ont la perception que ni les services de streaming, ni leurs fournisseurs d’accès à Internet ne recueillent d’informations sur leur consommation de contenu multimédia en ligne. Un nombre impressionnant de répondants considèrent également que leurs communications en ligne sont privées. Ainsi, 63 % et 85% des Français ne pensent pas que leurs fournisseurs de messagerie électronique ou leur employeur effectuent un suivi de l’historique de leurs échanges.

A travers les pays interrogés, les Néerlandais sont généralement ceux qui suspectent le plus de sociétés tierces de recueillir activement des données à partir de leurs publications sur les médias sociaux : seuls 40 % estiment le contraire. À l’inverse, en France, 59 % des personnes interrogées pensent ne pas faire l’objet d’une telle surveillance, loin devant les États-Unis (49 %).

Enfin, l’idée que le gouvernement recueille des données sur les consommateurs est une préoccupation majeure pour l’ensemble des répondants, en particulier aux États-Unis (70 %), aux Pays-Bas (73 %) et en Allemagne (74 %) contrairement à la France (63%).

Quand la collecte des données devient un avantage

L’âge et la perception vis-à-vis du partage de données sont directement liés. 46 % des personnes interrogées en France ne cautionnent aucune forme de collecte, quelle qu’en soit la raison ; en revanche, la différence est marquante en fonction des catégories d’âges. Parmi les 18-24 ans, seuls 32% sont mal à l’aise avec cette pratique en toutes circonstances alors que ce pourcentage grimpe à 61 % pour les plus de 64 ans. Les 18-24 ans sont d’ailleurs généralement plus à l’aise avec le principe du partage de données afin de recevoir une quelconque contrepartie, qu’il s’agisse d’une meilleure expérience utilisateur (29 %) ou de contenu plus pertinent (30 %). Les Néerlandais et les Allemands ressortent comme les moins séduits par le principe de partager leurs informations personnelles en échange d’une compensation financière (respectivement 45 % et 42 % d’entre eux refuseraient un tel compromis). À l’inverse, les Américains et les Français sont les plus ouverts à cette idée, malgré quelques hésitations : près d’une personne sur trois (32 %) n’est pas séduite par l’idée, et 26 % et 27 % d’entre eux (respectivement) sont indécis.