Plus nous partageons sur les réseaux sociaux , plus le marché des données illégales devient attractif

144

Payer avec des données : parce que sur Internet, rien n’est jamais « gratuit »

Par Arnaud Le Hung, Senior Channel Account Manager, BlackBerry

Vingt dollars, c’est ce que rapporte l’intégralité des données sur l’identité d’une personne à un cybercriminel sur le marché noir.
Les pirates achètent des ensembles de données sur le dark web et les revendent. Trop souvent, nous nous mettons en danger en partageant nos données personnelles en ligne.

Sur internet, rien n’est gratuit – pas même nos réseaux sociaux comme WhatsApp, Instagram, TikTok ou encore Facebook. Dès l’instant où l’on « accepte » les conditions d’utilisation, on accepte que ces entreprises utilisent et vendent ces données à d’autres entités, qui finalement en savent souvent plus sur nous que nous ne pourrions le penser. Si les données sont le nouvel or, Mark Zuckerberg serait l’Oncle Picsou. Par ailleurs, il est aussi probable qu’il ne s’agisse pas uniquement d’une personne ou une organisation qui se cache derrière la collecte de données, mais d’un pays entier.
En effet, TikTok appartient à une entreprise d’État chinoise : le pays sait tout sur ses utilisateurs.

ll faut donc être conscient des risques et s’informer sur les moyens de se protéger, afin de garder le contrôle sur ce qui est partagé, et donc ne pas laisser les données se perdre dans les méandres d’internet.

Le facteur omniscient

La vente de données se traduit généralement par des publicités de manière relativement inoffensive. Il y a quelques années, en surfant sur le web, les utilisateurs rencontraient des publicités aléatoires à foison.
C’était comme recevoir une pile de prospectus dans sa boîte aux lettres, et cette pile était la même pour tout le monde. Aujourd’hui, il y a un facteur omniscient qui dépose dans votre boîte aux lettres exactement les annonces qui correspondent à vos recherches. Ce facteur connaît vos centres d’intérêt, les personnes que vous fréquentez, il sait où vous êtes allé, pire encore il sait des choses sur vous que vous ne savez même pas vous-même.
L’anecdote rocambolesque de Target, le supermarché américain, en est une impressionnante démonstration : l’entreprise a envoyé des bons de réduction pour du matériel de puériculture à une adolescente vivant chez ses parents – alors que ces derniers ne savaient pas (encore) qu’ils allaient devenir grands-parents. Gênant !

Mais cela peut aussi se révéler bien plus dommageable. Aux Etats-Unis, il y a quelques années, des criminels ont volé les données personnelles d’employés d’une grande entreprise de médias. Sur le moment, il ne semblait pas y avoir de conséquences spécifiques, jusqu’au jour où de nombreux salariés ont constaté des cas d’usurpation d’identité plusieurs mois après cet incident.

Plus nous partageons…

… Plus le marché des données illégales devient attractif. En effet, elles sont de plus en plus riches, ce qui permet aux criminels de commettre de plus en plus de fraudes. Ces données proviennent souvent de sources qui semblent gratuites, comme les applications des réseaux sociaux. Chaque « J’aime » sur Facebook, TikTok ou Instagram constitue une nouvelle ligne dans le livre de Big Data d’un individu. Et chaque ligne supplémentaire brosse un portrait plus net d’une identité numérique, ce qui devient in fine un atout plus précieux pour les cybercriminels.

Par conséquent, il est plus que recommandé de faire attention aux informations personnelles que l’on partage. Il faut veiller à ce que les paramètres de confidentialité soient rigoureusement mis à jour, et mettre à jour les logiciels le plus régulièrement possible. La quasi-majorité des utilisateurs se précipite sur les avis de confidentialité et les formulaires de conformité lors de la création de leurs comptes pour des achats en ligne, des forums, des cartes de fidélité et autres. Bien que ces conditions semblent interminables à parcourir et que le temps manque pour beaucoup, il est impératif de prendre le temps de cocher (ou non) les cases qui éviteront que les données personnelles soient partagées en dehors de l’entreprise en question. Plus encore, il faut toujours être vigilant et attentif aux tentatives de phishing ou d’ingénierie sociale qui peuvent compromettre la sécurité des données privées et professionnelles.

Pour toutes ces raisons (et tant d’autres) nous devrions mettre en pratique les formations cybersécurité reçues dans le cadre de nos activités professionnelles et les appliquer dans notre vie personnelle en ligne. Après tout, les cybercriminels n’ont pas de barrière à cette vie privée/vie professionnelle – des données restent des données, qui ont une valeur financière non négligeable.