Relance économique : le point de vue des entreprises et des français

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Les Français attentistes sur la relance et la transformation numérique

La première édition de l’étude Kantar Global Business Compass, menée auprès de plus de 4500 cadres d’entreprises du monde entier, dévoile que les cadres français, s’ils sont parmi les plus satisfaits du soutien financier des pouvoirs publics depuis la crise, sont plus pessimistes sur les perspectives de reprise. Interrogés sur la relance économique, ceux-ci comptent peu sur la redéfinition de la stratégie commerciale de leurs entreprises ou le renforcement du e-commerce et anticipent des fusions-acquisitions, voire des prises de participation potentielles de l’Etat dans les secteurs stratégiques.

COMMENT LES ENTREPRISES ONT-ELLES ADAPTE LEUR ORGANISATION FACE A LA CRISE ?

Des mesures moins liées à des ajustements business qu’aux collaborateurs pour les entreprises basées en France

Face à la baisse d’activité en 2020, les cadres d’entreprises du monde entier relatent 3 grands types de mesures : l’adaptation de leur business aux nouvelles conditions des marchés (58%), la baisse des investissements (61%) et les mesures relatives au personnel (62%).

En France, les ajustements sont moins liés à l’adaptation du business (37%) et concernent davantage le personnel (75%). Sur ce dernier point, si le gel des embauches est équivalent en France et dans le monde (43% vs. 46%), les mesures plus spécifiquement françaises concernent :

  • La prise de congés « imposés » pendant les périodes de confinement (50% vs. 18% au global)
  • La baisse du nombre d’heures travaillées (23% vs. 14%) – L’application des aides gouvernementales (19% vs. 11%)
  • Les cadres français plus satisfaits des mesures publiques de soutien financier mais en attente de reports d’impôts et de soutien temporaire sur les charges salariales
  • Plus de la moitié des cadres internationaux (54%) expriment la nécessité d’un soutien continu du politique, principalement sous la forme d’une amélioration des conditions fiscales ou d’un report des paiements d’impôts.
  • Par ailleurs, près d’une entreprise sur trois au niveau mondial (32%) a exprimé un besoin de soutien en trésorerie, au travers d’une facilitation de l’accès au financement ou de subventions en espèces.

Ces niveaux sont équivalents en France avec toutefois une plus forte attente de reports d’impôts (36% vs. 20% au global) et d’un soutien temporaire pour les charges salariales (35% vs. 22%).

Face à ces besoins, moins d’un cadre sur trois dans le monde, (29%) se dit satisfait du soutien financier reçu par son entreprise et/ou gouvernement tandis qu’une entreprise sur cinq (20%) exprime son insatisfaction.

En France, le taux de satisfaction sur ce critère est bien plus élevé (45%) et le niveau de critique très faible (4%). A ce titre, la politique du « quoiqu’il en coûte » initiée par le Gouvernement est bien perçue et porte ses fruits.

Des budgets marketing impactés en France et au global : -36,7% en moyenne

Près des deux tiers (61%) des entreprises au niveau mondial ont réduit leurs dépenses marketing de 36,7% en moyenne en 2020, tandis que moitié des entreprises (50%) a réduit ses dépenses de communication et médias de 39,3% en moyenne. La France est très en ligne avec ces niveaux internationaux.

COMMENT LES CADRES SE PROJETTENT-ILS DANS L’AVENIR ?

Des cadres français plus pessimistes que leurs pairs internationaux sur les perspectives de reprise : près de 4 cadres sur 10 estiment qu’elle se produira en 2022, voire après

  • Plus des deux tiers (69%) des cadres d’entreprises dans le monde prévoient de terminer le second semestre 2020 en baisse. L’intensité de l’impact est anticipée de manière plus forte en France (23 % des répondants se positionnent sur un impact très négatif vs. 15% auglobal)
  • Seul un quart des cadres interrogés (23%) s’attendent à ce que leur entreprise se rétablisse en fin d’année, tandis que 41% s’attendent à une reprise à mi 2021. Les cadres Français se situent là encore dans une perspective de reprise plus pessimiste, puisqu’ils sont 39% à penser que la reprise se produira en 2022 voire après (vs. 27% au global).Pour la reprise, près de 7 cadres français sur 10 s’attendent à une prise de participation de l’Etat dans les secteurs stratégiquesAu niveau global, les cadres s’attendent à des opérations de fusion et acquisition (58%). S’ils sont alignés sur ce thème (64%), les cadres français anticipent davantage de prise de participation de l’Etat dans les secteurs stratégiques (68% vs 42%) et moins d’adaptation au travers de lois de protection des salariés (28% vs. 46%).Selon les cadres français, le renforcement du e-commerce fait moins partie des priorités stratégiques que pour leurs pairs internationaux :
  • Le renforcement du e-commerce : s’il s’agit d’une priorité stratégique pour plus de 70% des personnes interrogées dans le monde, cela n’est vrai que pour 56% d’entre elles enFrance
  • La redéfinition des stratégies commerciales (44% dans le monde vs. seulement 24% en France)
  • La redéfinition du périmètre du business (géographie, catégories) (47% dans le monde vs 36% en France)
  • De nouvelles manières d’envisager la relation client (49% dans le monde vs. 36% en France)Une situation d’autant plus paradoxale que 82% de cadres Français reconnaissent que le comportement et les habitudes des consommateurs changeront durablement après la crise : 90 % d’entre eux anticipent une forte croissance des achats digitaux des consommateurs.