Transformation numérique : comment aider les petites entreprises à sortir la tête de l’eau ?  

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Les plus petites entreprises ont aussi le droit de bénéficier d’une cohésion numérique pour continuer à se renforcer, résister aux crises et se développer

Dans un monde où les investissements numériques se font par dizaines de millions d’euros et où les géants du numérique se sont accaparés une grande partie de la valeur, comment aider les petites entreprises à sortir la tête de l’eau ?

EY Fabernovel réalise des études publiques « GAFAnomics » pour contribuer à la lisibilité et à l’accessibilité de la révolution numérique et des grandes transformations de l’économie. Force est de constater que les cadres d’analyse que nous avons développés sur les recettes des succès des GAFA, sont plus facilement applicables par les grandes entreprises que par les plus petites où le financement, le temps et les ressources représentent des échelles bien moindres.

Synthèse de l’étude 

1 – Un tissu économique plein d’opportunités

99% des entreprises, 72,4% des emplois créés et 66,6% de la valeur ajoutée hors taxes selon l’Insee : les TPE, PME et ETI représentent le moteur du tissu économique de la France, bien que peu mis en avant.

« Les entreprises ont été confrontées à des crises à répétition ces dernières années – crise sanitaire, économique et de la supply chain – qui ont mis en lumière le manque de maturité de celles-ci par rapport au numérique et l’urgence qu’elles ont à investir dans leur transformation » explique Pierre Gonnet, analyste EY Fabernovel et co-auteur de l’étude. « Ces entreprises se rendent compte de la nécessité de se transformer pour se renforcer. Mais pour pouvoir bénéficier des opportunités offertes par le digital, les petites entreprises se retrouvent confrontées aux mêmes défis que les grandes, à un niveau encore plus élevé, tant sur leur financement, leur niveau d’information et de formation, leur recrutement et leur capacité à réellement quantifier l’impact de leurs investissements ».

2 – La transformation possible de trois marchés via le numérique 

  • Le secteur de l’hospitalité doit se transformer pour faire face à l’évolution de son environnement, notamment avec la désintermédiation par les grandes plateformes numériques et l’absence d’alternatives ainsi que l’évolution des besoins clients. Une interconnexion est donc nécessaire entre les acteurs locaux (transport, infrastructures, collectivités, etc.), les acteurs de l’hospitalité (hôtels, restaurants, etc.) et les acteurs du service (musées, activités de loisirs, etc.) pour optimiser la création de valeur en augmentant l’expérience et le panier moyen des clients.
  • L’ensemble des acteurs de l’alimentaire a évolué de manière asynchrone face aux enjeux du numérique, produisant des asymétries et des inégalités dans la création de valeur. Aujourd’hui les plus petits acteurs en amont de la chaîne ont tendance à accéder de manière asymétrique à l’information (pricing, demande, etc.). La mise en place d’une chaîne globale, digitalisée, interconnectée et plus transparente pourrait permettre de mieux aligner le pouvoir et la répartition de valeur du secteur.
  • Les artisans tissent une relation avec le numérique qui reste bien trop souvent cantonnée au marketing. Pourtant, c’est aussi un moyen de se libérer des tâches plus opérationnelles et chronophages afin de se concentrer sur l’unicité de leur travail d’artisan.

3 – L’entreprise réelle, l’angle mort des GAFA

Pour répondre aux besoins de la “long tail” que représentent ces TPE/PME/ETI, il faut avoir une approche et des solutions plus personnalisées et locales. L’entreprise “réelle” est le super pouvoir oublié des GAFA. Il laisse un vide pouvant profiter aux nouveaux acteurs qui se positionnent sur la transformation numérique de ces plus petites entreprises avec des solutions numériques sur-mesure (cloud public, open innovation, etc.) tout en intégrant un facteur humain, élément central pour les dirigeants qui jouent un rôle moteur dans l’organisation de ces ETI.

Ce tissu économique doit aussi évoluer pour accélérer ce dynamisme de transformation en adoptant des stratégies de regroupement pour, par exemple, être capable de mutualiser des ressources locales, mieux répartir le financement ou encore avoir un meilleur accès à l’information et à la formation.

« Prenons l’exemple fictif des artisans de couteaux Laguiole, qui se regroupent en 2025. Avec ce regroupement, 5 artisans de la Drôme ont pu se partager l’expertise commune d’un consultant du numérique local, ce qui leur a permis de numériser leur chaîne d’approvisionnement. Avec les aides de financements groupés, ils ont pu aussi améliorer l’automatisation de leur relation client, en investissant dans un CRM, leur dégageant 1h de travail par jour. Avec ce temps gagné, ils ont pu se former à la digitalisation de leurs canaux de ventes au travers d’une formation proposée par le regroupement, en partenariat avec le centre de formation local de la région » imagine Pierre Gonnet, analyste chez EY Fabernovel.