Les technologies au service de la santé

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Les établissements de santé en France dépenseront 1.7 milliards en 2015 en informatique, un chiffre en croissance de 2.5% par rapport à 2014.

La dépense en logiciels est celle qui connaitra la croissance la plus important (+4.6%) mais les autres segments informatiques (matériels et services) connaitront également une hausse des dépenses pour faire face aux nouveaux défis de ce secteur.

Trois enjeux majeurs associés aux nouvelles technologies concernent le secteur de la santé :

  • Le premier enjeu concerne l’expérience patient.
    Les patients attendent une amélioration de l’accès et de la qualité de leurs informations de santé. 31% des patients sont ainsi à la recherche d’une relation avec les institutions de santé via le canal mobile et 69% des organisations de santé investissent dans des applications mobiles pour les patients et la télémédecine.
  • Le deuxième enjeu concerne la continuité des soins. Pour favoriser cette continuité, 69% des établissements de soins vont demander un financement permettant de mettre en place un Dossier Patient Informatisé et Interopérable (DPII) et 45% un financement pour la mise en place de prescription électronique alimentant le plan de soins.
  • Le dernier enjeu enfin est l’optimisation des systèmes de santé. La loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) adoptée en 2009 représente à ce titre un changement majeur compte tenu de son caractère contraignant. Les établissements de soins sont par exemple 43% à avoir déjà mis en place un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) pour leurs moyens informatiques et sont 26% à planifier cette mise en œuvre.L’ensemble de ces enjeux intègrera le recours massif aux nouvelles technologies.PLUS QUE L’ACCES A UN TERMINAL, LE DEVELOPPEMENT D’UN ECOSYSTEMELe terminal mobile deviendra un canal de communication privilégié entre le patient et les institutions de santé. Situé à l’extrémité de la relation, il reposera sur le développement d’un important écosystème intégrant en particulier:

L’internet des Objets (IoT). A un stade de maturité naissant, l’IoT est encore fortement centré autour des objets et des terminaux. D’ici 5 ans, IDC perçoit l’évolution de l’IoT vers un écosystème de technologies interconnectées qui fournira des données exploitables et intuitives au service du patient. Ces données proviendront tant des capteurs personnels de santé (pression artérielle, taux de sucre dans le sang, rythme cardiaque, température, activité, etc.), que des terminaux mobiles ou des réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce sont 19% des organisations qui sont en cours de mise en place d’approches associant l’IoT et 11% qui prévoient de le faire d’ici 24 mois. Actuellement, les usages tournent principalement autour du suivi et du monitoring des patients, qu’ils soient en unités de soins ou à leur domicile, mais les usages futurs concerneront beaucoup plus les infrastructures médicales: contrôle de température, contrôle d’accès, suivi des ambulances, gestion du circuit des médicaments, etc.

  • Les technologies Big Data et analytiques. Les données provenant entre autres de l’IoT ne pourront être exploitables et compréhensibles que si les technologies applicatives le permettent. Les technologies analytiques permettront de classifier les informations, de les évaluer, de les restituer voire de planifier et d’engager les prises de décision.
  • Le Cloud Computing. Afin de supporter ces traitements informatiques lourds et imprévisibles, le Cloud Computing apparait comme LA plateforme adaptée à ces enjeux de flexibilité, d’agilité, de contrôle des couts mais aussi pour des accès multiples d’utilisateurs, où qu’ils se trouvent et quel que soit le terminal utilisé.LA DONNEE, SOURCE ET SOLUTION DU PROBLEMEIl est aisé de comprendre tous les bénéfices que le secteur de la santé pourrait tirer d’une exploitation optimisée des données, qu’elles concernent les soins ou la gestion, mais la dernière enquête réalisée par IDC France en Février 2015 révèle que les taux d’adoption et les projets d’investissements autour du Big Data et de l’analytique sont toujours largement inférieurs à 50%, en particulier lorsqu’on analyse les solutions autres que financières ou comptables.Pour les établissements de soins publics par exemple:
  • Seuls 6% ont mis en place une solution d’aide à la décision clinique, et 9% prévoient de le faire;
  • 4% ont mis en place une solution d’identification des parcours de soins les plus adaptés à chaque patient et 5% prévoient de le faire;
  • 12% ont mis en place une solution de vérification de la conformité et reporting sur la qualité des soins dispensés;L’une des problématiques majeures concernent ce qu’on peut appeler la « liquidité » des données et des ressources (compétences, technologie). La liquidité des données est la capacité des données à être utilisées à des fins différentes et dans un contexte différent. Par exemple: les données des patients peuvent être utilisés non seulement pour fournir des soins, mais agrégées et anonymisées pour être utilisées dans le cadre de la recherche ou la planification des ressources.La liquidité des données exige qu’une information soit disponible en format basé sur des normes standards (pour l’interopérabilité et l’échange d’information) afin de faciliter le flux de données dans toute l‘organisation. Avec l’augmentation de la liquidité des données, de nouveaux modèles de coopération ne seront pas seulement limitées aux prestataires de soins de santé, mais ils incluront d’autres acteurs impliqués dans la chaîne de valeur de la santé (Recherche, services sociaux, patients).La capacité du secteur de la santé à mettre en place un écosystème technologique et réglementaire, à développer les compétences, les organisations et la gouvernance adéquates apparaissent comme des critères incontournables pour exploiter tout le potentiel que peuvent apporter les technologies numériques.
    Source novembre 2015, IDC #FR394 Document réalisé pour Samsung Business